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Table ronde entre SOS Villages d’Enfants et l’Union Européenne

24 Apr 2019
Une table ronde entre SOS Villages d’Enfants et l’Union Européenne a été organisée le 11 mars 2019, à Bruxelles. SOS Villages d’Enfants Bénin a été représenté par M. Salimane Issifou et Agnès Tempe. L’objectif était de discuter de l'importance de la prise en charge parentale et familiale pour les enfants, ainsi que de la nécessité d'investir dans une prise en charge de remplacement de qualité pour les enfants vulnérables.



Une table ronde a été organisée le 11 mars 2019  en présence de Johannes Hahn, commissaire européen en charge de la politique européenne de voisinage et des négociations d'élargissement, et de Neven Mimica, commissaire européen en charge de la coopération internationale et du développement, en collaboration avec SOS Villages d’Enfants International, et avec la participation effective de M. Richard Pichler, Représentant spécial de SOS Villages d’Enfants International pour les Affaires extérieures et les Ressources, et M. Maciej Popowski, directeur général adjoint de la politique européenne de voisinage et des négociations d'élargissement, ainsi que des jeunes SOS venus d'Ouganda, de l'Algérie et du Kosovo.
Le débat a été précédé d’une réunion préparatoire des participants aux programmes de SOS Villages d’Enfants le 10 mars, à Bruxelles. Cette réunion a permis aux participants d’échanger sur la manière de s’adresser aux décideurs, de définir leurs caractéristiques essentielles et de mieux se connaître.

La prise en charge de qualité
Dans son allocution à l’ouverture de la table ronde, M. Neven Mimica a souligné  le besoin ressenti au sein des instances européennes, une meilleure prise en charge des enfants vulnérable en Europe. À sa suite, M. Maciej Popowski, a rappelé les efforts de l’organisation  pour soutenir la vague de désinstitutionalisation en Europe, ce qui a permis de réduire le nombre d'enfants dans les institutions.
Prenant la parole à son tour, M. Richard Pichler a remercié la Commission Européenne d’avoir donné à SOS Villages d’Enfants l’occasion d’inspirer les changements en matière de prise en charge de remplacement. Il a par ailleurs rappelé que SOS Villages d’Enfants travaille dans 135 pays et territoires du monde entier. Au cours des 70 dernières années, l'organisation a accumulé une expérience considérable sur les raisons pour lesquelles les enfants perdent la prise en charge de leurs parents et sur la manière de résoudre ce problème, a-t-il précisé.

Parole aux jeunes
La table ronde a aussi été l’occasion aux jeunes pris en charge par SOS Villages d’Enfants d’exprimer leur ressenti quant à la prise en charge. Nora, une jeune fille de 26 ans qui vivait dans une famille SOS à Alger, a expliqué comment elle était capable de vivre avec ses cinq frères et sœurs dans une famille SOS. Grâce au soutien du village d’enfants SOS, elle a réussi à terminer ses études et à trouver un emploi dans une entreprise d’import-export.
La plus jeune représentante des enfants SOS à cette table ronde était Agnès, du village d'enfants SOS Natitingou. Elle a expliqué comment, avec sa sœur, elle avait été admise au village d'enfants SOS Natitingou en 2010 alors qu'elle avait quatre ans. Elle y a bénéficié d’une prise en charge complète, dans le respect de ses droits. Elle a par ailleurs raconté le sentiment d’indignation qu’éveillait en elle le non-respect des droits des autres enfants  au sein de la communauté. C’est pourquoi elle s'est battue pour être élue présidente du Conseil Exécutif des Enfants (CEE) afin de pouvoir défendre les droits des enfants. Enfin, elle a expliqué que CEE est un organe de participation des enfants mis en place dans les programmes SOS au Bénin pour favoriser la participation des enfants. Les sept membres du CEE ont été élus par les enfants entre eux. Agnès a ajouté qu'elle avait mené des campagnes de plaidoyer avec ses pairs pour mette fin au harcèlement sexuel dans la ville de Natitingou. Cette prise de parole a été aussi l’occasion pour Agnès, de rappeler que de nombreux enfants risquent de perdre la prise en charge de leurs parents au Bénin. Les familles de ces enfants devraient être renforcées, et l’appui de l'Union Européenne devrait aller dans cette direction. Les enfants doivent être protégés car c’est leurs droits; ils doivent être responsabilisés car ils sont le présent et l'avenir de l'humanité, a-t-elle conclu.
Mademoiselle Erida, âgée de 23 ans et venue du Kosovo, a elle aussi eu l’occasion de partager son expérience. Elle a raconté comment elle a été prise en charge par le village d’enfants SOS jusqu’à son autonomie. Aujourd’hui, elle vit avec sa grand-mère et son frère.
Then Haggai, un jeune homme de SOS Ouganda, a ensuite partagé son expérience de la prise en charge par deux mères SOS.



SOS Villages d’Enfants Bénin, à la tête d’un réseau de 80 ONG

Dans sa prise de parole, M. Salimane Issifou, Directeur National de SOS Villages d’Enfants Bénin, a expliqué comment un système de contrôle global permet de déterminer quelle unité de programme correspond le mieux aux intérêts des enfants ayant perdu la prise en charge parentale et des enfants risquant de perdre cette prise en charge parentale. Ce qui rend SOS Villages d’Enfants unique selon lui, ce sont les soins personnalisés proposés aux enfants, qui contribuent à la réalisation des droits des enfants pris en charge et à la promotion de ces droits en dehors de l’organisation. SOS Villages d’Enfants Bénin dirige à ce titre, un réseau de 80 ONG appelé ReSPESD (Réseau des Structures de Protection des Enfants en Situation Difficile) dont le plaidoyer et l’activisme ont permis d’adopter trois textes de loi favorisant l’instauration de services de prise en charge alternative au Bénin. M. Issifou s’est également félicité des encouragements de SOS Villages d’Enfants International aux associations membres pour qu’elles poursuivent la lutte pour des solutions alternatives en matière de prise en charge d’enfants. En tant que tel, SOS Villages d’Enfants Bénin a été en mesure de proposer un placement familial qui a été approuvé par le gouvernement. En 2019, les enfants qui ont perdu la prise en charge de leurs parents peuvent désormais vivre dans une famille d’accueil dans leur plus grand intérêts a rappelé le dirigeant de SOS Villages d’Enfants Bénin.

L’Union Européenne à l’écoute des participants
Les décideurs de la Commission européenne ont tenu à entendre les suggestions des participants de SOS Villages d’Enfants sur la manière de s’assurer qu’aucun enfant ne soit laissé pour son compte. Les participants ont conclu que les politiques et les mesures devraient respecter une approche globale prenant en compte le cycle de vie complet de la croissance jusqu'à l'âge adulte. Ceci devrait inclure des services destinés aux jeunes à l'âge de la majorité et qui commencent une vie indépendante.
« Il est temps de concrétiser les engagements. Cela signifie investir dans la prévention efficace de l’éclatement de la famille, la fourniture de la prise en charge de qualité et l'autonomisation des enfants ayant perdu la prise en charge parentale - l'un des groupes les plus vulnérables au monde » a conclu Valerie Ceccherini, représentante de l'UE pour SOS Villages d'Enfants International.

Une table ronde satisfaisante
Le lendemain, lors d’une séance de compte rendu, tous les participants ont exprimé leur satisfaction quant au résultat de la table ronde.

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Our programmes in Abomey-Calavi, Dassa-Zoumé and Natitingou in Benin enable us to fulfil the rights of thousands of children. SOS Children’s Villages Benin is a member of Children's Villages International, operational in 133 countries and territories.